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RARE PARTIE DE MOBILIER ROYAL VERS 1815
€ 25000
RARE PARTIE DE MOBILIER ROYAL VERS 1815
PROVENANT DU PALAIS ROYAL PUIS DU CHÂTEAU DE NEUILLY
€ 25000
Object N° 2110

Mobilier de salon garni de soie verte à bandes alternées décorées de rosaces comprenant :

- une paire de fauteuils à dossier légèrement renversé en bois redoré, mouluré et sculpté de palmettes, fleurons, rosaces, feuilles d'acanthe. Les accoudoirs en volute, la ceinture légèrement galbée. Ils reposent sur des pieds antérieurs en balustre et des pieds postérieurs arqués. Ils portent une ancienne étiquette avec l'inscription à l'encre ; "Palais Royal / grand appartement / pour supplément / au grand salon" et la marque au fer "55. 19093" ainsi que la marque du Garde-meuble de Louis-Philippe, duc d'Orléans "LP" sous couronne de Prince du Sang.

Attribué à Jacob-Desmalter, vers 1815.

H. 97,5 x L. 66 x P. 57 cm.

- une suite de quatre chaises à dossier légèrement renversé en bois redoré mouluré et sculpté de rosaces, palmettes, feuilles de lotus. La ceinture légèrement galbée. Elles reposent sur des pieds antérieurs en balustre et des pieds postérieurs arqués. Elles portent le numéro d'inventaire au fer "228" (et non 833 comme indiqué dans le catalogue Tajan) correspondant au Palais Royal, la marque du Garde-meuble de Louis-Philippe, duc d'Orléans "LP" sous couronne de Prince du Sang, ainsi que les marques du château de Neuilly "L.P. / N" sous couronne fermée avec les numéros 19100, 19108, 19109.

Attribué à François Honoré Georges JACOB-DESMALTER, vers 1815.

H. 92 x L. 51,5 x P. 46 cm.

Provenance

- Mobilier du Palais Royal sous la Restauration.

- Transféré au château de Neuilly sous la Monarchie de Juillet.

- Vente étude Tajan, Paris, 22 juin 1999, Paris, lot 52.

Archives

Dans un inventaire du domaine de Neuilly de 1849, à l'ordre n° 342, nous trouvons la description sous le n° 19108 : "une chaise bois doré, sculpté à palmettes, couvert en damas cramoisi. Bon état. 40.000 frs" correspondant à l'une de nos quatre chaises (Arch. Nat., 300 AP (I) 511).

Dans un autre inventaire du château de Neuilly (1835-1848) à la date de 1839, dans la rubrique Fauteuils - Bois doré - sous le n° 19093, il est mentionné un "Fauteuil Château de Villiers" (Arch. Nat., 300 AP (I) 1661-1662 folio 57), ainsi que dans la rubrique Chaises Garnies, à la date de 1845, sous le n° 19109 : une "chaise ... château de Villiers" (Arch. Nat., 300 AP (I) 1661-1662 folio 94).

Historique

Le château de Neuilly qui appartint au marquis de Nointel en 1648, fut reconstruit en 1751 par l’architecte Cartaud pour le chancelier d’Argenson. Après son décès, le château passe à Madame de Montesson, épouse morganatique de Louis-Philippe dit le Gros, duc d’Orléans (1725-1785), grand-père du futur roi Louis-Philippe.

En 1804, Murat, déjà propriétaire du château de Villiers, achète le château voisin de Neuilly et les réunit. Murat devient roi de Naples et le château retourne à la Couronne. Napoléon donne Neuilly à sa sœur Pauline qui refuse d’y habiter. En 1814, Louis XVIII propose le château à son neveu, le duc d’Angoulême, pour en faire un haras, sans suite. En 1817, les deux châteaux sont échangés par Louis-Philippe, alors duc d’Orléans, contre les écuries de Chartres qui lui appartenaient et où, depuis 1801, on logeait les chevaux de la Couronne. Il agrandit le domaine et fait effectuer plusieurs constructions pour loger ses nombreux enfants et sa soeur Adelaïde.

La famille d’Orléans appréciait beaucoup cette demeure aux portes de Paris et y passa de longs séjours durant le règne de Louis-Philippe. Le 25 février 1848, le château est incendié et pillé par une bande d’émeutiers. Le château de Neuilly sera confisqué par Napoléon III en 1852 et le parc fut morcelé en 700 lots. Il ne subsiste que l’aile nord construite par l’architecte Fontaine pour Murat, habitée par Madame Adelaïde sous la Monarchie de Juillet. Elle est aujourd’hui occupée par la Congrégation des Soeurs de Saint Thomas de Villeneuve. Sous Louis-Philippe, chaque aile ou pavillon était dévolu à un de ses enfants, le pavillon de Villiers fut habité par son fils, le duc d’Aumale puis, après son mariage, par le couple.

Oeuvre en rapport

Une console provenant du château de Neuilly, numérotée 19183 et portant l’estampillle .IACOB (utilisée par François Honoré Georges Jacob-Desmalter de 1813 à 1825), fut vendue chez Collin du Bocage, 23 juin 2017, lot 124.

Littérature

Jean-Pierre Samoyault, Mobilier français Consulat et Empire, Gourcuff Gradenigo, 2012, fig. 269 p. 167 (reproduit).